Assemblée générale 2005 de SGCI Chemie Pharma Schweiz
Lucerne, le 24 juin 2005Les moratoires sont de mauvais instruments de politique scientifique
Lors de lAG 2005 de SGCI Chemie Pharma Schweiz, les moratoires ont été critiqués comme des instruments de politique scientifique tout à fait inadéquats. Linitiative contre les «manipulations génétiques», qui exige lintroduction dun moratoire biotechnologique de 5 ans dans lagriculture, nuirait à la place économique et à la recherche en Suisse, est malhonnête et inutile.
LAssemblée générale a élu MM. Antoine Gautier (Firmenich) et Pierre Jaccoud (Roche) nouveaux membres du Conseil.
Dans son allocution M. Rudolf Wehrli, président de SGCI Chemie Pharma Schweiz, a critiqué le recours aux moratoires comme un instrument très inapproprié de politique technique et scientifique. A partir dun exemple fictif (une votation populaire sur un moratoire interdisant la recherche et lapplication de produits chimiques dans la lutte contre les maladies, en 1882), M. Wehrli a illustré les conséquences économiques catastrophiques que peut avoir ladoption de moratoires, lesquels ne sont inoffensifs quen apparence. A lépoque, ce moratoire fictif aurait pu apparaître comme ne présentant pas de grands problèmes économiques et nentraînant pas de conséquences pour le bien-être des patients. Il aurait pourtant gravement porté préjudice à léconomie suisse. Lindustrie chimique naurait plus occupé ensuite que la moitié des effectifs quelle emploie aujourdhui, naurait investi quun cinquième des sommes actuelles dans la recherche et le développement et aurait exporté deux tiers de moins quaujourdhui. M. Wehrli a mis expressément en garde contre la tentation de vouloir, dans notre pays, briser prématurément un important développement scientifique et technique pour des considérations politiques ou sociales très douteuses. Il a défini le moratoire anti-génie génétique réclamé par linitiative «pour des aliments produits sans manipulations génétiques», comme une approche erronée et irresponsable à légard dune nouvelle technologie. Le moratoire nuirait à la place économique et à la recherche en Suisse et il est malhonnête et inutile.
Lorateur invité, le professeur Wilhelm Gruissem (de lInstitut des sciences végétales de lEPF Zurich) a souligné le rôle leader que joue la Suisse au plan international dans la recherche fondamentale en biotechnologie verte, mais aussi dans le développement dapplications axées sur la pratique. Les plantes à forte teneur en vitamines ou à composition de corps gras idéale sont des exemples de succès de ce type de recherche. Les plantes futuristes fonctionnant comme des «biofabriques» et permettant de produire par exemple des vaccins et des médicaments à des coûts avantageux et de manière sûre, ne sont plus très éloignées du présent. En aucun cas, la Suisse ne doit sexclure elle-même de cette évolution très prometteuse.
Les exposés peuvent être consultés (en allemand: allocution du président / exposé de l'orateur invité) sous www.sgci.ch.
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